Plus d’avantages liés aux visas, mais une taxe plus élevée et surtout plus de bureaucratie et de temps d’attente pour les obtenir. Et le proposition que la Commission européenne a avancé aux gouvernements de l’UE après que plusieurs dirigeants du bloc ont protesté ces dernières semaines contre la facilité avec laquelle les citoyens russes pouvaient passer leurs vacances en Europe malgré l’arrêt des liaisons aériennes avec la Russie, l’une des sanctions imposées depuis Bruxelles à Moscou pour l’invasion de l’Ukraine.

La demande, qui émanait de pays comme la Pologne, la Finlande et les pays baltes, n’a pas fait l’unanimité, le chancelier allemand Olaf Scholz étant fermement opposé à une mesure qui aurait touché même les citoyens russes qui ont l’intention de fuir Poutine. La voie médiane trouvée par Bruxelles est la suspension totale de l’accord, toujours en vigueur, entre l’UE et la Russie sur la facilitation des visas. Ce type d’accord prévoit essentiellement un traitement favorable (et réciproque) entre les pays de l’UE et certains États non membres de l’UE pour faciliter la circulation des personnes, facilitant les affaires.

« Un pays comme la Russie, qui mène une guerre d’agression, ne devrait pas bénéficier de concessions de visas tant qu’il continue de mener sa politique étrangère destructrice et son agression militaire contre l’Ukraine, faisant preuve d’un mépris total de l’ordre international fondé sur des règles », écrit la Commission européenne. « La suspension répond aux risques et menaces accrus pour les intérêts de sécurité de l’Union et pour la sécurité nationale des États membres », ajoute-t-il, en motivant sa proposition.

News:  Leïla Slimani : "L'attaque contre Salman Rushdie montre pourquoi nous ne devons pas nous censurer".

En pratique, l’arrêt de l’accord signifiera, s’il reçoit l’aval des 27 États membres, que les frais d’obtention du visa passeront de 35 à 80 euros, et que les délais bureaucratiques pour la délivrance de ce document par le consulats, ils seront plus longs, jusqu’à 45 jours. De plus, des règles plus strictes sur les visas à entrées multiples s’appliqueront, une pratique utilisée par ceux qui souhaitent voyager en Europe avec des membres de leur famille. Enfin, plus de documents seront nécessaires pour la délivrance du visa.

Cette proposition, selon Bruxelles, garantira « un plus grand contrôle sur les citoyens russes qui se rendent dans l’UE ». En outre, la Commission propose également de ne pas reconnaître les passeports russes délivrés dans les zones occupées de l’Ukraine, telles que la Crimée, Kherson et Zaporizhzhia. « L’UE – assure Bruxelles – restera ouverte à certaines catégories de demandeurs de visa russes voyageant à des fins essentielles, dont notamment les membres de la famille des citoyens de l’UE, les journalistes, les dissidents et les représentants de la société civile ».

Selon les dernières données disponibles, environ 963 000 citoyens russes étaient en possession de visas valables pour les pays de l’UE et non membres de l’espace Schengen. Au cours de l’été, l’arrêt des vols entre l’UE et la Russie a été effectivement contourné également grâce aux liaisons routières avec la Finlande et l’Estonie.

Votez pour ce post

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page