Si la Suède et la Finlande veulent obtenir le feu vert pour rejoindre l’OTAN, elles devront déporter ou extrader 130 militants kurdes vers la Turquie, qu’Ankara considère comme des « terroristes ». C’est ce qu’a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, montant encore une fois la barre avec ses demandes à Stockholm et à Helsinki, qui ont jusqu’ici bloqué le processus d’adhésion à l’Alliance atlantique lancé par les deux pays scandinaves après le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Pour que l’élargissement passe, il faut l’accord de tous les membres de l’OTAN. A ce jour, la Turquie et la Hongrie sont les seules à s’y être opposées. Pour Ankara, la question concerne les groupes kurdes qui ont trouvé l’asile politique, notamment en Suède, et parmi lesquels militent des militants condamnés par la justice turque pour des actes de terrorisme présumés : « Nous avons dit (au Premier ministre suédois Ulf Kristersson, ndlr) que si vous ne nous livrez pas vos terroristes, nous ne pouvons pas faire passer (l’approbation de l’adhésion à l’OTAN) par le Parlement », a déclaré Erdogan, évoquant le contexte d’un accord bilatéral avec le dirigeant à Stockholm en novembre dernier. « Vous devez nous livrer plus de 100, environ 130 de ces terroristes », aurait été la demande répétée à Kristersson par Erdogan, selon les propos du président turc lui-même.

Les déclarations d’Erdogan pourraient être la réponse à ce qui s’est passé la semaine dernière à Stockholm, lorsque, lors d’une manifestation de certains militants kurdes, une marionnette représentant le chef d’Ankara a été accrochée la tête en bas, une image qui rappelle la fin du dictateur Benito Mussolini en Italie. Le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto est convaincu que c’est cet épisode qui a provoqué la réaction d’Erdogan et a déclaré à la chaîne publique Yle qu’il n’était au courant d’aucune nouvelle demande officielle de la Turquie.

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D’ailleurs, juste après la manifestation de Stockholm, la Turquie a annulé la visite à Ankara du président du parlement suédois, Andreas Norlen. Une forme de protestation diplomatique qui pourrait aussi se lire dans une clé électorale : en mai, Erdogan tentera de confirmer son leadership aux élections présidentielles et législatives.

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