Les partisans de Moqtada Sadr ont pris le contrôle du Palais de la République, le principal siège institutionnel de la zone verte super fortifiée de Bagdad, et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de jeunes sadristes se baignant dans l’une des piscines du bâtiment du gouvernement irakien. La circonstance est confirmée par les médias irakiens, qui diffusent sur leurs sites Internet respectifs les images publiées par les sadristes eux-mêmes depuis l’intérieur du Palais. Pendant ce temps, le Commandement des opérations conjointes irakiennes a annoncé « un couvre-feu total dans toutes les provinces d’Irak à partir de sept heures du soir aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre ».

L’annonce du retrait de la politique de l’influent dirigeant chiite irakien Moqtada al-Sadr a semé le chaos : « J’avais décidé de ne pas m’immiscer dans les affaires politiques, mais maintenant j’annonce mon retrait total de la vie politique ». Une décision qui risque d’aggraver la situation politique irakienne déjà compliquée et l’impasse qui caractérise le pays depuis octobre dernier. En fait, quelques minutes après l’annonce, ses partisans sont revenus pour attaquer la zone verte de Bagdad, où sont basés le gouvernement et les bureaux diplomatiques, le Parlement et d’autres institutions clés. Leur objectif affiché est de vouloir « changer le régime ». Des images de partisans d’al-Sadr tentant d’escalader les portes du palais présidentiel ont circulé sur les réseaux sociaux. « Le peuple veut que le régime tombe », ont scandé les manifestants, faisant d’eux un slogan initialement associé aux manifestations anti-gouvernementales du printemps arabe de 2011. Une note publiée par le bureau d’al-Sadr après sa démission indique désormais qu’il est « strictement interdit d’utiliser des slogans, des drapeaux, des chansons politiques et autres au nom du mouvement sadriste ». Les forces de sécurité irakiennes ont appelé les partisans d’al-Sadr à « se retirer immédiatement » de la zone verte fortifiée et ont appelé à la retenue pour « empêcher les affrontements ou les effusions de sang irakiens ». « Si je meurs ou que je suis tué, je vous demande de prier pour moi », a ajouté Al-Sadr, qui a également annoncé la fermeture de tous les bureaux lui appartenant, à l’exception des religieux. Le sanctuaire, le musée Sharif et l’institut du patrimoine al Sadr restent donc ouverts. Quelques minutes après l’annonce d’al-Sadr, son conseiller Salih Muhammed al-Airaki a suspendu son compte Twitter en changeant sa photo de profil en « fermé ».

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Déjà en 2014, al-Sadr, « né » chef des forces armées opposées à l’occupation dirigée par les États-Unis, avait annoncé sa décision de se retirer de la politique, tout en restant très influent. Bien qu’il n’occupe aucune fonction politique, son Mouvement a remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement, mais pas suffisamment pour former un gouvernement. C’était en effet depuis une vingtaine d’années qu’elle était l’une des forces politiques les plus puissantes d’Irak. Ce sont plutôt des centaines de milliers de personnes qui peuvent se mobiliser dans le pays et qui depuis des semaines organisent un sit-in dans la zone verte de Bagdad. Le père d’Al-Sadr, Mohammed Sadiq, et son beau-père, Mohammed Baqir, étaient tous deux des religieux très influents et leurs visages apparaissent régulièrement sur des pancartes et des bannières de sadristes et d’autres factions religieuses et politiques en Irak. Tous deux ont été tués par Saddam Hussein et sont considérés comme des martyrs et des défenseurs des pauvres par de nombreux chiites.

Pendant ce temps, alors que le pays sombre dans le chaos, le personnel de l’ambassade américaine a été évacué par hélicoptère. Des images qui rappellent l’évasion de Beyrouth.

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