Une Europe divisée sur la solution à adopter pour contrer les factures onéreuses pourrait se concilier autour de la nouvelle Sûre. La réédition de l’expérience née pendant la pandémie en tant que « fonds de licenciement de l’UE » permettrait aux États membres de puiser dans un maxi prêt garanti par l’ensemble des vingt-sept pays de l’Union et donc d’allouer de l’argent « frais » aux familles et aux entreprises en difficulté. L’idée a trouvé sa place dans une réunion des ministres des Finances de la zone euro où un autre fait intéressant a émergé : l’isolement de l’Allemagne pour l’adoption de son plan national de réponse à la crise.

« Nous devons être clairs sur le risque de fragmentation », a averti le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, lors d’une conférence de presse. Le danger que chaque pays réagisse à la flambée des prix de l’électricité avec sa propre recette, et donc chacun puise dans son propre dispositif financier malgré la solidarité européenne et le marché unique, a été évoqué par plusieurs ministres avant la réunion de l’Eurogroupe qui s’est tenue hier au Luxembourg. L’hôte lapidé de ces peurs est l’Allemagne, qui avec la sienne sol de 200 milliards (empruntés sur les marchés à un taux d’intérêt avantageux grâce à la notation triple A allemande), pourrait créer des déséquilibres dans l’UE, les entreprises allemandes adossées à Berlin pouvant être plus compétitives que celles des pays qui ne peuvent se permettre les interventions de soutien de la même type.

Pourquoi l’Italie ne peut pas réduire ses factures sans l’Europe (et l’Allemagne)

Aux plaintes du gouvernement italien, qui a immédiatement mis en lumière les risques pour l’ensemble de l’UE que représentait le plan allemand, ont été suivies par celles des autres États membres. Sans surprise, dans le document final la réunion de l’Eurogroupe fait référence à la nécessité de « coordonner nos mesures pour préserver l’égalité des chances et l’intégrité du marché unique, notamment en s’abstenant de procéder à des ajustements fiscaux dommageables ». Mais quelles sont les alternatives européennes ?

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Parmi les interventions au niveau européen contre les factures onéreuses, un Recovery-bis a été évoqué à plusieurs reprises ces derniers mois, ou encore une réédition du plan Next Generation Eu (plus connu sous le nom de Recovery Fund) mis en place pour endiguer les effets économiques de la pandémie. crise et permettre aux pays de l’UE de remettre leur économie sur les rails. Mais le scepticisme des différents gouvernements pour une intervention aussi coûteuse tant en ressources (la première Relance a un coût d’environ 800 milliards d’euros) qu’en temps (pour allouer et dépenser les ressources il faut que chaque gouvernement présente son propre Pnrr, qui alors il doit être approuvé dans l’UE) a poussé le débat vers une autre solution.

Le plan B pour développer une action européenne contre l’électricité chère pourrait être une nouvelle Sûre, ou un prêt garanti par tous les États membres sur lequel les gouvernements nationaux pourraient puiser « pour aider les Européens et les écosystèmes industriels dans la crise actuelle », a déclaré Gentiloni dans une lettre au Corriere. della Sera également signé par le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton. Le premier Sure, un instrument européen de soutien temporaire pour atténuer les risques de chômage, est né au printemps 2020 pour aider les pays touchés par la pandémie à protéger les emplois, en apportant un soutien sous forme d’indemnités de licenciement.

Dotée d’un budget de 98,2 milliards d’euros, la première Sure a été largement utilisée par les États membres, qui ont jusqu’à présent emprunté environ 91,8 milliards d’euros. De l’argent qui sera de toute façon restitué dans les décennies à venir par les pays de l’UE mais à un taux d’intérêt extrêmement avantageux (surtout pour les États à forte dette publique) déterminé par une Europe unie qui a garanti pour tout le monde. D’où l’idée de répliquer le modèle Sure pour atteindre un double objectif : alléger les factures onéreuses et démontrer, une fois de plus, la volonté européenne de ne pas laisser de côté les pays les plus faibles. Le premier test de ce projet sera le sommet informel de Prague jeudi et vendredi entre les chefs d’Etat et de gouvernement.

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