Le Royaume-Uni veut enterrer la hache de guerre et tenter de renouer avec l’Union européenne. Après des mois et des mois de polémiques liées aux suites du Brexit, et surtout au problème toujours non résolu du protocole pour l’Irlande du Nord, les premiers signes de réconciliation arrivent. Tel que rapporté par PolitiqueLiz Truss, nouvelle première ministre, aurait non seulement annoncé sa volonté de participer à la première réunion de la nouvelle communauté politique européenne, mais d’être prête à accueillir la deuxième réunion à Londres.

La Communauté politique européenne, est le nouvel organe international né d’une idée du président français Emmanuel Macron accueilli par le président du Conseil européen, Charles Michel, et est conçu comme un outil pour surmonter les divisions internes au sein de l’UE sur l’élargissement à nouveaux États membres. L’objectif affiché de Macron est de créer une nouvelle force géopolitique fondée sur les valeurs de l’UE, de créer une plate-forme de dialogue et de coopération politique en réponse également aux visées hégémoniques de la Russie (mais aussi de la Chine) et d’accueillir les États dans la « famille européenne » qui est aujourd’hui une partie de l’Europe uniquement géographiquement, sans passer par le lourd processus d’adhésion au bloc. Une sorte de confédération européenne dans laquelle pourraient entrer, outre les 27 pays de l’UE, tous les États qui aspirent à y adhérer : de l’Ukraine à la Moldavie, en passant par la Géorgie et la Bosnie-Herzégovine, mais aussi ceux qui préfèrent rester hors de l’UE , comme la Norvège et la Suisse.

Dans un premier temps, lorsque Truss et Emmanuel Macron ont évoqué la possibilité de créer une communauté politique incluant le Royaume-Uni, ce dernier était réticent à l’idée. Le gouvernement britannique voulait éviter de réintégrer quelque chose de trop similaire à l’UE. Les controverses sur le Brexit, y compris le désaccord sur les règles commerciales pour l’Irlande du Nord, avaient amené Londres à s’éloigner de plus en plus de l’Union européenne. Mais la guerre en Ukraine et la crise énergétique ont fait changer d’avis le gouvernement du pays.

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Cette semaine, le Parti travailliste d’opposition a exhorté Truss à assister à la réunion qui se tiendra le 6 octobre à Prague, en République tchèque, avant le Conseil européen informel, et se concentrera sur le conflit en Ukraine et la crise énergétique. « Ce sont nos alliés, nos partenaires, il y a la guerre en Europe. J’irais certainement », a déclaré le porte-parole travailliste des Affaires étrangères David Lammy. Selon les rapports de certains responsables britanniques à Politico, le Royaume-Uni souhaiterait changer le nom de la communauté en « Forum politique européen ».

Pour Truss, explique Politico, la décision de réintégrer un projet politique européen est une option à haut risque à un moment délicat. Son parti conservateur eurosceptique l’a choisie comme nouvelle dirigeante il y a moins d’un mois et elle se bat déjà pour sauver sa peau après des premières semaines désastreuses. Alors que le Royaume-Uni est confronté à une crise financière totale grâce à l’annonce par Truss de réductions d’impôts radicales, il ne peut pas se permettre d’énerver ses collègues. Reste à savoir dans quelle mesure les députés conservateurs, les électeurs et les collègues au parlement soutiennent son projet de se rapprocher à nouveau de l’Europe. L’ancien ministre du cabinet David Lidington – qui a soutenu Rester au moment du référendum – a déclaré jeudi soir qu’une telle décision serait un « développement très bienvenu ».

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