Le marché des cryptomonnaies n’en est pas à son premier « bear market » ou marché baissier. BFM Crypto fait le point sur ce phénomène.

Cela ne vous aura pas échappé: depuis plusieurs mois, le marché des cryptomonnaies est rentré dans ce que l’on appelle un « bear market » (un « marché ours », autrement dit baissier). Cette phase se produit lorsque la valeur d’un actif (obligations, actions, cryptomonnaies…) chute de plus de 20%. A contrario, on parle d’un « bull market » (un « marché taureau », c’est-à-dire haussier) quand on enregistre une augmentation de plus de 20% de la valeur d’une classe d’actifs.

En peu de temps sur l’année 2022, le marché des cryptomonnaies a subi deux fortes chutes: l’une mi-mai dans un contexte d’effondrement de la blockchain Terra, et l’autre mi-juin, alimentée par les problèmes en cascade de différentes plateformes de prêts qui ont bloqué l’accès des utilisateurs à leurs fonds.

Aujourd’hui, le bitcoin s’échange en dessous de 20.000 dollars. L’actif a perdu plus de 70% de sa valeur depuis son pic historique à 69.000 dollars en novembre dernier. Mais depuis sa création en 2009, la cryptomonnaie a vécu de nombreuses phases de turbulences, entraînant dans sa chute et dans sa baisse l’ensemble du marché des cryptomonnaies. Avant des rebonds tout aussi spectaculaires.

Des investisseurs à l’origine de certains mouvements

Que peuvent nous enseigner les précédents bear markets pour comprendre celui que le marché est en train de vivre? On peut citer trois principaux bear markets, en 2014-2015 (sur 410 jours), en 2017-2018 (362 jours) et en 2019-2020 (260 jours), comme le précise une récente note de la société spécialisée Glassnode. Le bear market de 2022 semble être en place depuis le pic du bitcoin le 10 novembre dernier, à 69.000 dollars, jusqu’à maintenant où il s’échange à moins de 20.000 dollars, soit depuis déjà plus de 240 jours.

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A chaque bear market, on observe l’apparition d’une certaine catégorie d’investisseurs, qui peuvent être à l’origine de certains mouvements sur le marché. Le bear market de 2015 concernait un public de ‘early adopters’, avec des profils de geeks, tandis que celui de 2017 a vu apparaître des particuliers qui maîtrisaient moins le milieu. L’une des raisons qui peut expliquer le bear market de 2017 serait la vente de bitcoins par des personnes qui en avaient beaucoup acquis entre 2010 et 2013 afin de matérialiser de belles plus-values. De même, il existe aussi un effet « moutonnier »: quand le bitcoin est passé de 20.000 dollars en décembre 2017 à 17.000 dollars en janvier 2018, des particuliers se sont mis à vendre en pensant à une chute plus importante.

De son côté, le bear market de 2019 se caractérise par l’arrivée des investisseurs institutionnels (banques, fonds d’investissement…) sur le marché des cryptomonnaies, avec leurs solides bases financières.

« C’était un pari pour eux: c’était un bon moment pour rentrer dans un marché baissier. Ces derniers ont pu réaliser de grands profits notamment en vendant le bitcoin à découvert sur le marché des ‘futures’ (procédé financier qui consiste à parier sur la baisse du bitcoin pour gagner de l’argent, NDLR). Ce type de procédé a aussi pu faire chuter le cours du bitcoin », explique à BFM Crypto Laurent Pignot, analyste chez Zonebourse.

Le bear market de 2022 se caractérise quant à lui par l’arrivée de nombreux particuliers sur le marché, attirés par l’appât du gain. Mais ce sont eux aussi qui maîtrisent moins l’univers du trading et de la finance. Lors des deux récents crypto-krachs, de nombreux particuliers récemment arrivés (aussi appelés « touristes » sur le marché ont pris peur et ont cherché à se débarrasser de leurs cryptomonnaies. Selon Glassnode, le marché assiste à une disparition des « touristes »: le nombre d’adresses actives (qui détiennent des bitcoins) est passé à 870.000 par jour actuellement, contre plus d’1 million par jour en novembre dernier, soit une baisse de 13% en quelques mois.

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De manière générale, avant le bear market de 2022, « il y avait peu de catalyseurs pour dire que le bitcoin allait rechuter lors des différents bear markets », souligne l’expert. Depuis 2020, en revanche, l’actif est corrélé avec le Nasdaq et réagit très fortement aux annonces des banques centrales. Rien qu’aujoud’hui, le bitcoin a réagi à l’inflation en hausse de 9,1 % sur un an au mois de juin aux Etats-Unis. A 14h30, le bitcoin est passé de 19.898 dollars à 18.999 dollars à 15h30, perdant 4,5%. Vers 17h45, il est remonté à environ 19.400 dollars.

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