Audiences TV : les parts d’audience de toutes les chaînes
TF1 réunit 18,7 % de l’audience TV en 2025, contre environ 41 % trente ans plus tôt. Derrière ce recul de 22,3 points se cachent la multiplication des chaînes, l’essor du replay et de nouvelles habitudes qui modifient la valeur d’un succès télévisé.
| Chaîne | Part |
|---|---|
| TF1 | 18.7 % |
| France 2 | 14.9 % |
| France 3 | 9.1 % |
| M6 | 7.9 % |
| France 5 | 3.5 % |
| CNews | 3.4 % |
| Arte | 3.1 % |
| TMC | 3 % |
| BFMTV | 2.8 % |
| W9 | 2.5 % |
| LCI | 2 % |
| TFX | 1.8 % |
| 6ter | 1.8 % |
| RMC Découverte | 1.8 % |
| TF1 séries films | 1.7 % |
| RMC Story | 1.7 % |
| L'Equipe | 1.6 % |
| Canal+ | 1.4 % |
| CStar | 1.2 % |
| Chérie 25 / RMC Life | 1.2 % |
| Gulli | 1.1 % |
| France 4 | 1 % |
| Franceinfo | 0.9 % |
| T18 | 0.9 % |
| Novo19 | 0.9 % |
Outil mis à jour pour la saison 2026-27 ; les données de référence et la méthode sont détaillées plus bas sur cette page.
TF1 depuis 1989 : l’érosion de la première chaîne
Part d’audience de TF1 depuis 1989 : de 41,0 % à 18,7 %.
Comment se mesure l’audience de la télévision en France
L’audience TV repose sur un panel représentatif de plusieurs milliers de foyers français. Chaque téléviseur du panel reçoit un audimètre. Cet appareil reconnaît la chaîne regardée et la durée de visionnage. Chaque membre du foyer signale sa présence avec une touche personnelle afin d’identifier l’âge et le profil des téléspectateurs présents devant l’écran.
Les résultats sont ensuite pondérés pour représenter la population française. Les critères comprennent notamment l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, la région et le mode de réception. Les chiffres couramment publiés concernent les individus âgés de 4 ans et plus. Des résultats spécifiques existent aussi pour les 15-24 ans, les 25-49 ans ou les responsables des achats de moins de 50 ans.
Le panel fonctionne comme un échantillon électoral permanent. Quelques milliers de foyers représentent plusieurs dizaines de millions de personnes. Une variation limitée doit donc être interprétée avec prudence, surtout pour une chaîne réunissant moins de 1 % de part d’audience.
Part d’audience et audience moyenne ne mesurent pas la même chose
L’audience moyenne correspond au nombre moyen de téléspectateurs présents pendant un programme. Une émission suivie par 3,5 millions de personnes affiche ainsi une audience moyenne de 3,5 millions, même si davantage de personnes en ont regardé quelques minutes.
La part d’audience, souvent abrégée en PDA, indique la proportion de personnes qui regardent une chaîne parmi celles qui utilisent leur téléviseur au même moment. Si 20 millions de personnes regardent la télévision à 21 h 10 et que 4 millions choisissent TF1, la chaîne obtient une part d’audience de 20 %.
L’audience cumulée répond à une autre question. Elle compte toutes les personnes ayant regardé un programme pendant une durée minimale, même si elles ne sont pas restées jusqu’à la fin. Elle est donc généralement supérieure à l’audience moyenne.
Les résultats de la veille sont publiés chaque matin autour de 9 h. Ils distinguent les émissions, les tranches horaires et les cibles commerciales. Les audiences consolidées ajoutent ensuite une partie du différé et du replay, généralement observés jusqu’à 7 jours ou 28 jours après la diffusion.

Le classement des chaînes en 2025
| Rang | Chaîne | Part d’audience 2025 |
|---|---|---|
| 1 | TF1 | 18,7 % |
| 2 | France 2 | 14,9 % |
| 3 | France 3 | 9,1 % |
| 4 | M6 | 7,9 % |
| 5 | France 5 | 3,5 % |
| 6 | CNews | 3,4 % |
| 7 | Arte | 3,1 % |
| 8 | TMC | 3,0 % |
| 9 | BFM TV | 2,8 % |
| 10 | W9 | 2,5 % |
| 11 | LCI | 2,0 % |
| 12 | TFX | 1,8 % |
Le classement chaîne par chaîne masque le poids des groupes. France 2, France 3 et France 5 cumulent déjà 27,5 %. Ce total n’inclut ni France 4 ni franceinfo. France Télévisions rassemble donc une audience supérieure à celle de TF1 lorsqu’il est considéré comme un ensemble de chaînes.
TF1 bénéficie aussi de TMC, qui atteint 3,0 %, de LCI à 2,0 % et de TFX à 1,8 %. Ces trois antennes ajoutent 6,8 points au poids de la chaîne principale, sans compter TF1 Séries Films. M6 complète de son côté ses 7,9 % avec W9 à 2,5 %, ainsi qu’avec 6ter et Gulli.
Les comparaisons annuelles demandent un cadre stable. C8 et NRJ 12 cessent d’émettre le 28 février 2025. T18 et Novo19 commencent leur activité avec une année incomplète. Leur moyenne annuelle ne se compare donc pas directement à celle d’une chaîne diffusée pendant 12 mois.
Les audiences d’hier soir : comment les lire
Les audiences d’hier soir se concentrent souvent sur le prime time, dont les programmes commencent généralement vers 21 h 10 sur TF1, France 2, France 3 et M6. Deux chiffres doivent être lus ensemble : le nombre moyen de téléspectateurs et la part d’audience.
Un programme à 5 millions de téléspectateurs constitue un carton d’audience dans le paysage actuel. À 4 millions, une grande chaîne nationale obtient généralement une performance solide. Autour de 2 millions, le résultat reste correct pour une chaîne de la TNT dont la part annuelle se situe entre 2 % et 4 %.
Le seuil attendu varie toutefois selon la chaîne, le jour et le coût du programme. Une fiction française proposée sur TF1 à 21 h 10 n’a pas le même objectif qu’un documentaire diffusé sur Arte à 20 h 55. Une audience de 1,5 million représente 8 % si 18,75 millions de personnes regardent la télévision, mais seulement 6 % si 25 millions sont présentes devant leur écran.
La cible commerciale modifie la lecture du score
Une émission peut arriver troisième sur les 4 ans et plus tout en prenant la tête sur les 25-49 ans. Les chaînes privées suivent attentivement ces cibles, car elles influencent directement les recettes publicitaires. Un programme regardé par 2,5 millions de personnes jeunes et actives intéresse parfois davantage les annonceurs qu’un programme à 3 millions dont le public est plus âgé.
La durée joue aussi un rôle. Un téléfilm de 90 minutes et un divertissement de 180 minutes ne retiennent pas le public de la même façon. La courbe minute par minute repère les départs pendant les coupures publicitaires, les arrivées tardives et les changements de chaîne après 22 h 30.
Les chaînes d’info : CNews devant BFM TV depuis 2024

CNews passe devant BFM TV sur la moyenne annuelle à partir de 2024. En 2025, CNews atteint 3,4 % de part d’audience, contre 2,8 % pour BFM TV. L’écart s’établit à 0,6 point. LCI se place à 2,0 %, soit 1,4 point derrière CNews.
Une différence de 0,6 point paraît limitée face aux 18,7 % de TF1. Elle représente pourtant un écart significatif dans l’univers des chaînes d’information, où plusieurs antennes se partagent un public proche. Les performances varient fortement selon l’actualité politique, les événements internationaux et les faits divers.
Les matinales, les débats de soirée et les éditions spéciales ne répondent pas aux mêmes usages. Une chaîne peut dominer entre 6 h et 9 h, puis être dépassée entre 18 h et 20 h. Une journée marquée par une allocution présidentielle ou une crise internationale crée également un niveau de consommation inhabituel.
Les chaînes d’info bénéficient aussi d’une consommation fragmentée. Un téléspectateur consulte une édition pendant 10 minutes, quitte l’antenne, puis revient plus tard. La durée d’écoute et l’audience cumulée apportent alors un éclairage différent de la seule part d’audience.
Trente ans d’érosion de TF1 : de 41 % à 18,7 %
TF1 réunissait environ 41 % de part d’audience au milieu des années 1990. Elle en rassemble 18,7 % en 2025. La baisse atteint 22,3 points en 30 ans, soit un recul relatif d’environ 54,4 %.
Cette érosion ne signifie pas que 22,3 % des Français ont cessé de regarder TF1. La part d’audience est un partage du temps passé devant la télévision. L’arrivée de nouvelles chaînes divise mécaniquement ce temps entre davantage d’antennes.
La TNT gratuite compte 26 chaînes dans la numérotation appliquée depuis le 6 juin 2025. Un téléspectateur choisit désormais entre des chaînes généralistes, des chaînes d’information, des antennes jeunesse, des services documentaires et des chaînes consacrées au cinéma ou au sport.
Le streaming ajoute une fragmentation supplémentaire. Un foyer peut regarder TF1 à 21 h 10, une série sur une plateforme à 22 h 15 puis une vidéo en ligne à 23 h. En 1995, ces 3 usages concurrents n’existent pas sous leur forme actuelle.
TF1 reste néanmoins à 3,8 points devant France 2 en 2025. Sa capacité à rassembler dépend des grands rendez-vous : matchs de l’équipe de France, fictions, journaux télévisés et divertissements en direct. Le direct conserve un avantage car il concentre le public à une heure précise.


Ce que l’audience change pour le téléspectateur
Une audience insuffisante entraîne parfois une déprogrammation. Une émission prévue pendant 6 semaines peut être déplacée après 23 h, raccourcie ou arrêtée après 2 numéros. La chaîne compare le résultat obtenu à l’objectif fixé pour la case horaire et à la moyenne habituelle de l’antenne.
Un programme à 8 % sur une chaîne dont la moyenne atteint 18,7 % est en difficulté. Le même score de 8 % représente une performance favorable pour une chaîne située autour de 3 %. Le coût entre aussi dans la décision : un plateau quotidien, une fiction de 90 minutes et un documentaire de 52 minutes n’engagent pas le même budget.
L’audience fixe en partie le prix de la publicité
Le prix d’un écran publicitaire varie selon l’heure, la chaîne, la saison et la cible. Un spot de 30 secondes en prime time sur une grande chaîne généraliste se négocie souvent dans un ordre de grandeur compris entre 50 000 et 100 000 euros. Une soirée événementielle peut dépasser 150 000 euros pour 30 secondes.
Sur une chaîne de la TNT réunissant entre 1 % et 3 % de part d’audience, un emplacement de 30 secondes se situe souvent entre quelques milliers d’euros et 20 000 euros. Ces montants correspondent à des ordres de grandeur. Les remises, les achats groupés et les garanties d’audience modifient le prix effectivement payé.
Une baisse durable des audiences réduit les recettes attendues. La chaîne ajuste alors ses investissements, renouvelle moins vite une émission ou privilégie un format moins coûteux. À l’inverse, un programme qui dépasse régulièrement son objectif gagne des numéros supplémentaires et une case plus exposée.
- Une contre-performance isolée conduit souvent à maintenir le programme pendant 1 semaine supplémentaire.
- Plusieurs baisses consécutives favorisent un changement d’horaire ou une réduction du nombre d’épisodes.
- Un écart durable avec la moyenne de la chaîne pèse sur le renouvellement de la saison suivante.
- Une forte audience sur les 25-49 ans protège parfois une émission moins suivie sur l’ensemble des 4 ans et plus.
Audience TV et plateformes : ce que la mesure ne voit pas
La part d’audience linéaire mesure d’abord la compétition entre chaînes regardées en direct ou en différé sur un périmètre donné. Elle ne résume pas toute la consommation d’un programme. Un épisode peut réunir 2 millions de personnes lors de sa diffusion à 21 h 10, puis gagner plusieurs centaines de milliers de vues en replay pendant 7 jours.
Les directs de TF1 et TMC sont accessibles dans l’espace TF1+ avec un compte gratuit. France 2, France 3, France 4, France 5 et franceinfo proposent leur direct sur france.tv sans compte. M6, W9, 6ter et Gulli passent par M6+ avec un compte gratuit. Arte diffuse également son antenne en ligne sans compte.
Une partie de ces usages numériques entre progressivement dans les audiences consolidées lorsqu’elle est rattachée au programme et au bon écran. D’autres consommations restent séparées : extraits sur les réseaux sociaux, vidéos vues hors de la fenêtre de mesure, séquences reprises par des comptes tiers ou visionnage collectif non déclaré.
Les plateformes utilisent d’autres indicateurs
Une plateforme suit le nombre de lancements, la durée moyenne regardée, le taux de complétion et le retour des abonnés. Un épisode lancé 1 million de fois mais abandonné après 8 minutes n’a pas la même valeur qu’un épisode terminé par 700 000 comptes.
La mesure par foyer soulève aussi une différence de périmètre. Un compte peut servir à 4 profils, tandis qu’un téléviseur allumé peut réunir 2 personnes dans une même pièce. Comparer directement 1 million de comptes et 1 million de téléspectateurs crée donc une lecture trompeuse.
Les audiences annuelles des chaînes ne comptabilisent pas non plus l’ensemble du temps consacré aux services de vidéo par abonnement, aux plateformes gratuites, aux vidéos courtes et aux contenus regardés sur téléphone. Pour juger la portée réelle d’un programme, il faut rapprocher au moins 4 indicateurs : l’audience moyenne du direct, la part d’audience, le replay consolidé et la durée de visionnage numérique.
